Questions et réponses

 

Pensez-vous que le Qi Gong prendra sa place en France comme en Allemagne ou le T’ai-chi Chuan en Angleterre et aux USA ?


Avec le temps, sans doute. Mais il y a cette arrogance qui consiste à croire que l’on est les meilleurs et toujours en avance, que la vie peut se réduire au monopole d’une seule logique. A partir de là, il devient inutile d’emprunter à d’autres cultures, ce qui pourtant nous apporterait beaucoup d’avantages. C’est tout le contraire de la mentalité chinoise qui, sans état d’âme, s’empare de tout ce qui paraît bon dans les autres pays.


Est-ce un problème d’information ou plutôt de sous-information ?


Oui, certainement les deux mais c’est loin d’être une excuse, surtout pour les médias !

Notre association a pris contact avec les autorités du pays : présidents de la République, ministres de la santé,…etc.

Il y a eu un temps de silence complet, aujourd’hui, c’est celui des remerciements polis.

Dans le même temps, on continue à se lamenter sur le déficit « structurel » de la Sécurité Sociale. Dans l’absence de prévention authentique, comment pourrait-il en être autrement ?


Il y a aussi l’importance du sport souvent proposé dans les systèmes de prévention.


Ici, le corps est traité comme une machine musculaire dont l’objectif est souvent la performance et la compétition. Le sport, c’est aussi de beau spectacle et une fête pour beaucoup. Pour la santé, ce n’est pas forcément négligeable.

Le Qi Gong, c’est une relation fine, douce au corps et à l’énergie qui le parcourt et le produit. C’est « un ami intime » qui ne craint pas de nous montrer ce qui est blessé, bloqué à l’intérieur de nous et qui nous donne les moyens d’agir, à titre individuel, pour se renforcer ; c’est aussi un grand plaisir.

Nous avons évoqué, il y a un instant la prévention. Je crois que nous sommes plus démunis aujourd’hui, face à une affection que dans les siècles passés. Vous avez, dans YANG SHENG, parlé de Rhume et de Grippes. Dans ce début du 21ème siècle, à l’exception des vaccins, affaire de laboratoires, il y a l’aspirine et c’est tout ! Des savoir-faire de bon sens, transmis de génération en génération, ce sont perdus ou ont été entravés ou constamment critiqués ; je pense ici aux herboristes que l’on a fait disparaître et à l’homéopathie…


Et l’acupuncture ?


Je vais vous parler franchement. Je suis sûr qu’aujourd’hui nous trouverions un grand profit à permettre au plus grand nombre d’être acteurs de leur propre santé.

Les médecins, les acupuncteurs   pourraient, dans certaines situations, déléguer leurs interventions : leur art a bien d’autres occasions de s’exercer. La médecine chinoise n’est pas miraculeuse, il n’y a pas de médecine miraculeuse mais pour ce qui concerne des affections comme la grippe ou la gastroentérite … il serait facile d’apprendre à tous ceux qui le désirent à insérer une aiguille et à saisir l’énergie sur quelques points majeurs. Ici, l’efficacité est évidente … et quelle économie pour la Sécurité Sociale.


Souvent les élèves demandent quelle est la différence entre le T’ai-Chi Chuan et le Qi Gong


Oui, c’est une question récidivante.

Dans les années 50-60, des maîtres chinois de T’ai-chi Chuan vinrent s’installer aux USA (Cheng Man Ch’ing notamment) et permirent le développement de leur discipline « Le plus beau cadeau que la Chine peut nous offrir ».

Par ailleurs, les européens qui découvraient l’énergétique chinoise dans les parcs de Shanghai ou de Taipei (Taiwan) étaient sans doute plus impressionnés par la « longue forme » du T’ai-Chi Chuan que par les Qi Gong qui souvent, vus de l’extérieur, sont beaucoup moins spectaculaires, en particulier les exercices statiques et codés

De plus , en Chine, il existe toujours des maîtres de T’ai-Chi Chuan et des maîtres qui pratiquent exclusivement les Qi Gong , cela dit pour répondre à votre question, la différence n’est pas justifiée. Les deux démarches ont un invariant incontournable : c’est le travail du Qi, le « travail de la soie ».

Un T’ai-Chi , fût-il remarquablement exécuté, s’il ne permet pas la conscience et l’expression du Qi, n’est pas du T’ai-chi Chuan. Je veux dire que le T’ai-chi Chuan c’est aussi un Qi Gong.


Cela veut-il dire qu’il est opportun de pratiquer les deux disciplines ?


C’est bien sûr possible et même souhaitable. En Europe, le T’ai-Chi Chuan continue d’attirer : la lenteur, la beauté du mouvement centré et circulaire…, Le travail sur l’axe est exigeant et présente de nombreux bénéfices. Néanmoins pour que le T’ai-Chi-Chuan soit efficace au niveau du Qi, il faut du temps, ne serait-ce que pour apprendre et intégrer l’ensemble des mouvements.

La vague des Qi Gong va s’accentuer et jouer un rôle important dans les systèmes de préventions comme c’est déjà le cas en Allemagne.

Certains Qi Gong sont faciles à assimiler et pratiqués au quotidien pour ceux qui en sont propriétaires, ils peuvent jouer un rôle essentiel aussi bien au niveau préventif que curatif. Ainsi nous pouvons nous réapproprier la responsabilité de notre corps et jouer un rôle actif dans la résolution des troubles qui peuvent survenir. En Chine, on dit qu’il y a « 10000 Qi Gong » C’est sans doute exagéré, mais la richesse de l’énergétique chinoise est indiscutable.


Pourriez-vous nous parler des différentes familles de Qi Gong et des Qi Gong statiques et inconditionnels ?


Oui , bien sûr, mais la prochaine fois. Je vous souhaite un bel hiver…qui cache toujours le printemps dans son cœur


Il existe de nombreux Qi Gong. Souvent ils ont une "carte d’identité" qui les rattachent soit au Taoïsme, soit au bouddhisme. Est-ce que ces familles spirituelles suffit à repérer et à différencier l’ensemble des Qi Gong.


Non, car souvent, il y a eu, dans la longue histoire chinoise, des mélanges, des emprunts réciproques.

Par exemple, le Yi Zhi Qi Gong (le doigt unique de Shaolin) que vous connaissez bien puisque vous préparez un livre sur lui, combine à la fois des postures Shaolin (bouddhiste) et des manipulations fines empruntées au Wu Dan (taoïste).


Il est possible de proposer un autre classement ?


Oui, pour faire simple avec un maximum de clarté, on peut distinguer :


-          Les Qi Gong mobiles, en mouvements ; qu’ils soient bouddhiste ou taoïstes, ce sont les séries les plus pratiquées en Chine et en Europe. En général, ils utilisent le travail de la respiration et du Tan Tien. Des exercices annexes que l’on retrouve dans l’ensemble des enseignements permet par ailleurs la « culture du Qi »

Ces Qi Gong sont très intéressants et aux USA, en Europe, leur développement ne cesse de s’intensifier. Ils peuvent jouer un rôle important au niveau d’une prévention véritable et individuelle et à ce titre devrait être remboursés par la sécurité sociale !


-         Des séries pour tous les âges de la vie

        - Les « Retours de printemps » rassemblent des procédés spécifiques   pour les personnes âgées et même de tous les âges

        - La préparation prénatale, les Qi Gong pour enfants, etc…

        - Enfin chaque pathologie est susceptible d’avoir un Qi Gong thérapeutique qui la concerne. Cela permet au patient de jouer un rôle actif dans la résolution de son trouble… sans aucune contre indication 

 

-          Les Qi Gong statiques. Leur intérêt est indéniable et parfois selon ce que l’on recherche, incontournable. Ils peuvent apparaître moins séduisants (immobilité) et surtout plus difficiles que les premiers.

Il s’agit toujours « d’apprivoiser » le Qi pour une série de postures, de difficultés progressives. L’objectif est de solliciter le renforcement de l’énergie pour maintenir la position choisie

Leur intérêt est double : santé et aspect martial

Ils faut avoir de bons genoux !

Enfin, certains Qi Gong statiques se combinent avec des exercices en mouvement


Je crois que certains Qi Gong statiques ajoutent à la posture immobile des « jeux de doigts » qui favorisent le Qi à partir des mains


Oui, c’est une combinaison entre la démarche bouddhiste pour ce qui concerne les postures et le travail énergétique taoïste. Ici il faut veiller à ne pas mélanger ce travail avec les autres pratiques. En général on respecte un intervalle de 4 heures (avant et après) entre les entraînements. Les Qi Gong statiques avec « jeux de doigts » sont incompatibles avec une concentration   sur le tan tien par exemple. C’est pour cela que l’on parle de Qi Gong exclusif ou inconditionnels. Il existe une   famille de Qi Gong : les Qi Gong absolus.

Peu pratiqués en Chine et pas du tout en France, les maîtres a initié à ces recherches énergétiques répètent que le travail a avantage à rester confidentiel … et in n’est pas interdit de penser comme eux !

Et c’est sans doute opportun de respecter cela.